Analyse | La mine de Lynn Lake, témoin du renouveau de l’industrie minière au Manitoba
Le lancement de la construction de la mine d’or d’Alamos Gold à Lynn Lake, la première en 10 ans au Manitoba, témoigne d’un intérêt renouvelé de l’industrie minière pour la province. Longtemps négligée, la province tente depuis des années de se positionner comme un terreau favorable à l’industrie minière, sans toutefois réussir à faire aboutir des projets d’envergure. Un milliard de dollars d’investissements, 600 emplois créés à court terme et 450 autres à long terme… Le Manitoba n’avait pas connu un tel engouement de l’industrie minière depuis l’ouverture, en 2014, de la mine d’or, de zinc et de cuivre Lalor de HudBay, à Snow Lake. La province, qui possède 30 des 34 minéraux critiques identifiés par le gouvernement fédéral (l’or n’en fait pas partie), reste largement sous-exploitée. Elle constitue même un véritable Actuellement, seules trois grandes entreprises exploitent le sous-sol du Manitoba : Vale, Hudbay Minerals et Sinomine Resources. L’industrie minière représente moins de 2 % du produit intérieur brut provincial et employait 3640 personnes en 2023, selon le document « Manitoba Mining, Exploration and Geoscience 2025-2026 (nouvelle fenêtre) », qui donne un aperçu de l’activité minière dans la province. La première pelletée de terre qui a eu lieu cette semaine à Lynn Lake est donc Il y avait un pessimisme, et pendant des décennies, l’industrie a un peu évité le Manitoba. La mine ne devrait pas être en activité avant 2028, mais pour en arriver là, il a fallu des années de travail. Il faut remonter cinq à dix ans en arrière. À l’époque, le Manitoba était dirigé par le Parti progressiste-conservateur et, sous la houlette de son premier ministre, Brian Pallister, des mesures ont été prises pour accélérer le développement des mines. Les politiciens, de leur côté, se sont efforcés de promouvoir le Manitoba auprès de l’industrie et de positionner la province comme une option prometteuse. En 2023, Heather Stefanson, alors première ministre, avait dévoilé une stratégie pour les minéraux critiques et avait proclamé haut et fort que le Manitoba était le En novembre 2024, à peine un an après avoir été élu, le gouvernement néo-démocrate avait renchéri et publié sa propre stratégie sur les minéraux critiques (nouvelle fenêtre). Le message transmis par le ministre des Ressources naturelles, Jamie Moses, était le même : Le Manitoba possède 30 des 34 minéraux critiques identifiés par le gouvernement fédéral. (Photo d'archives) Photo : Courtoisie : Samdim Ces efforts ont contribué à donner Tous ces efforts commencent à porter leurs fruits. L’an dernier, le Manitoba a accueilli sa toute première mine de potasse, un minerai crucial dans la fabrication d’engrais. Ce minerai est l’une des richesses de la Saskatchewan, mais l’ouest du Manitoba possède aussi ce minerai salin. Alors certes, cette mine est extrêmement petite et ne produit, pour le moment, qu’environ 100 000 tonnes par an, mais elle marquait le retour d’une certaine activité minière au Manitoba, que vient confirmer la mine d’or de Lynn Lake. Le projet d’Alamos Gold est de bien plus grande envergure. En plus des centaines d’emplois créés, la société prévoit que, dès 2028, elle commencera à extraire les 3,3 millions d’onces identifiées et que la mine sera active pendant 27 ans. Au cours actuel d’environ 3000 $US l’once, Alamos Gold pourrait potentiellement générer des revenus d’environ 10 milliards de dollars américains. Au moment où le monde se tourne massivement vers les minerais critiques et les terres rares pour alimenter la nouvelle économie verte, le retard du Manitoba pourrait en réalité se révéler un atout. Alors que certains gisements s'épuisent ailleurs dans le monde, ceux du Manitoba demeurent intacts et pourraient ainsi assurer une richesse à long terme. De plus, plusieurs gisements manitobains sont relativement faciles d’accès. La principale mine de lithium, par exemple, se situe à seulement deux heures de route de Winnipeg, la capitale provinciale. Le renouveau de l'industrie minière au Manitoba s'accompagne d'un changement de mentalité quant à la coopération avec les peuples autochtones. De nombreux gisements se trouvent près des communautés et ces dernières obtiennent de plus en plus une part active dans les projets. C’est d’ailleurs l’un des points clés de la stratégie du Manitoba. Ainsi, la Première Nation Gambler détient 20 % de la mine de potasse. Quant à la Première Nation Marcel Colomb, une communauté vivant dans une grande précarité, elle a signé le premier accord de bénéfice de la province avec Alamos Gold, qui a déjà effectué un premier versement, selon le Winnipeg Free Press. D’autres Premières Nations deviennent propriétaires de projets : c’est le cas, par exemple, de la Nation Crie de Norway House qui a acquis le projet de mine de nickel Minago, près de Thompson. Après tant d'années, le Manitoba semble avoir atteint un équilibre entre les aspects économiques, sociétaux et environnementaux, conclut Paul Alexandre.trou noir
entre l’Ontario et la Saskatchewan, selon Paul Alexandre, professeur de géologie à l’Université de Brandon.Le retour de l’optimisme a pris du temps
une bonne chose
pour Paul Alexandre parce que la province était un peu en retard en termes de développement de mines
.Des changements structuraux ont été introduits dans la législation, et un processus de consultation des populations autochtones a été mis en place. Cela a apporté plus de clarté et facilité le travail de l'industrie, qui sait désormais mieux où elle en est
, explique Paul Alexandre.Costco des minéraux critiques
. Si vous en voulez un, nous l’avons
, avait-elle déclaré.Le Manitoba possède ce dont le monde a besoin.

Le Manitoba se lance aussi dans la potasse
une image plus positive du Manitoba en tant que lieu propice aux affaires
, explique Paul Alexandre. Les entreprises minières réalisent désormais qu'il existe des occasions ici et prennent conscience des améliorations des cadres législatifs et procéduraux
, ajoute-t-il.Un retard qui pourrait être bon pour le futur
On trouve une quantité importante de lithium et de terres rares, non seulement dans le nord de la province, mais également à l'est, le long du Bouclier canadien
, souligne Paul Alexandre.Les Autochtones, acteurs centraux du renouveau minier
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